Chronique

A vrai dire:  Le tourisme sort de sa coquille !

Par Saoudi El Amalki
Au moment où on se prépare résolument à se déconfiner, que fait la destination Agadir pour ce grand come back ? La chefferie du Comité de Veille Économique (CVE) vient de « libérer » les entreprises du carcan du confinement, avec le maintien de certaines mesures de prévention.
Très probablement rassurées par la situation pandémique en nette progression, notamment en termes d’indicateur de propagation chutée à moins de 0,70, les pouvoirs publics s’apprêtent à desserrer progressivement les gestes barrières pour appréhender le retour à la normale avec le maximum de prudence.
A l’instar des pays étrangers, notamment les plus touchés par la crise, le nôtre est en passe également de s’affronter au jour d’après, tout en restant vigilant. Plus que deux semaines à endurer avant la délivrance, à moins que les choses ne se compliquent d’ici là ! Sans plus tarder davantage, on peaufine les plans de sortie relatifs aux secteurs les plus névralgiques pour assurer l’issue graduelle au risque zéro, car on redouterait toujours une nouvelle vague encore plus virulente. Il s’avère évident que le tourisme serait, sans doute, le domaine le plus affecté et, de ce fait, nécessite un soutien tout particulier.
Dans la première station balnéaire du pays, le tourisme est au creux de la vague, avec cette crise accablante dont les incidences assènent le coup de grâce. Les opérateurs de la région s’affairent pour recouvrer les repères perdus, durant ces longs mois de suspension forcée. Pour sa part, le Centre Régional du Tourisme d’Agadir dont le président vient de démentir les allégations propagées par les mauvaises langues, se démène comme un beau diable afin de réparer les dégâts.
Il semble bien que la saison estivale dont les premières chaleurs clémentes se profilent à l’horizon, serait, à coup sûr, le salut d’une campagne touristique en chute libre. Bien naturellement, le tourisme national serait, sans conteste, la bouée de sauvetage pour atténuer le fardeau  essuyé. Il va sans dire que la conjoncture en cours de dissipation, se serait rendue plus agréable aux environs de fin juin, en vue de donner libre cours aux concitoyens de passer un court séjour ensoleillée sous le soleil limpide du Souss.
Pour ce faire, il est judicieux de consommer marocain un produit en état d’agonie, en prônant une tendance plutôt baissière, au niveau de la tarifications de séjour fixée à 200 dh pour des hôtels quatre étoiles, tel que suggéré, en temps prospères, aux TO étrangers de la maudite formule du All Inclusive. Une opportunité à tenir à bras le corps !
Cette reprise progressive qui s’effectuera, en respect total des mesures préventives, constituerait, en conséquence, un départ pour d’autres conquêtes, tout en gardant le tourisme local comme roue de secours, mais également comme option décisive à la promotion du tourisme en diversité.
Cette approche pétrie de solidarité nationale, en cette crise virale soulagerait sans nul doute les professionnels en état d’oisiveté, mais aussi les estivants nationaux, en situation de recherche de ressourcement, après des semaines d’ « incarcération » imposée.De même l’Etat, en tant que « parrain » de la résurrection nationale, se devrait d’appuyer la reprise d’un des secteurs vitaux de la nation, à travers des motivations concrètes en direction des entreprises du tourisme, y compris des activités parallèles pour garantir une réelle reprise. Une occasion de repenser tout le système touristique dont les fondements s’avèrent caducs et surannés, après l’échec de plusieurs programmes et stratégies nationaux.
Une occasion de remettre pour de bon, ce piédestal de l’économie nationale sur les rails du renouveau en matière de structuration, d’investissement et de promotion, à l’instar de nombre de piliers économiques, tels l’agriculture, la pêche, le commerce… Pour y parvenir, l’intervention royale dans cette révolution du tourisme de la nation, s’avère inéluctable, à partir d’Agadir, comme ce fut le cas du plan Halieutis, il y a presqu’une décennie, en 2009, plus précisément.

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