Plusieurs médias ont relayé ces critiques laissant entendre que le ministre octroyait des largesses à travers des marchés gonflés à la veille de son départ…
L’ouverture des plis de cet appel d’offres s’est faite le 26 septembre. Six sociétés étaient en lice pour fournir les trois lots de ce marché public. Une septième société a intégré la liste des concurrents au-delà des délais prescrits, assurent des sources internes au ministère de la Santé.
Le premier lot concernait 6 unités mobiles médicalisées équipées de matériel échographique de détection de la tuberculose. Alors que l’appel d’offres avait été borné à 14,4 millions de dirhams, l’attribution s’est faite pour un montant de 16,9 millions de dirhams, soit 2,8 millions par unité. Or, selon les données consultables sur les marchés publics, une transaction similaire avait été conclue moins de 24 mois plus tôt par le département de la Santé à des niveaux de prix bien plus bas, à 10,8 millions de dirhams pour le même lot, soit environ 1 million de dirhams l’unité.
Le second lot concernait 6 unités mobiles spécialisées dans l’imagerie mammaire destinées à détecter les maladies du sein chez la femme. L’appel d’offres avait été maximisé à près de 25 millions de dirhams. Pourtant, l’attribution du marché s’est faite pour une enveloppe de 29,8 millions de dirhams, soit 5 millions de dirhams par unité. Pourtant, un appel d’offres similaire lancé en 2017 par la Fondation Lalla Salma de lutte contre le cancer avait été conclu pour le prix de 1,5 millions de dirhams l’unité, soit environ trois fois moins que celui entériné par le ministère.
Enfin, le troisième lot concernait 6 unités mobiles destinées à l’examen ophtalmologique. L’appel d’offres avait estimé ce lot à 19 millions de dirhams. Il a été attribué pour un total de 20 millions, soit environ 3,5 millions l’unité. Or, encore une fois, la comparaison avec une transaction similaire conclue par appel d’offres en 2017 interroge : le marché avait été passé à 9 millions de dirhams, soit 1,5 million l’unité.
Ce marché scindé en trois lots a été attribué à deux sociétés qui entretiennent des liens capitalistiques : Reacting, une entreprise privée spécialisée notamment dans la distribution de produits médico-chirurgicaux et à usage de laboratoire connue pour être un des fournisseurs réguliers du ministère et Promamec, un importateur de dispositifs médicaux.
Selon nos informations, le 2 octobre et suite à la vive polémique qui entoure la passation du marché des unités mobiles médicalisées, Hassan El Hassasi, le président de la commission de l’appel d’offres 12/2019/DPAAG/SG a notifié que l’autorité compétente a décidé de l’annuler et a annoncé qu’il sera « relancé ultérieurement »…