« Un nouveau mode de transport qui changera le visage de la ville des lumières », avaient promis les autorités. Huit mois plus tard, les 50 vélos-taxis acquis dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) pour doper l’offre de services touristiques de la capitale ont été saisis par la wilaya de Rabat.
Un fiasco, selon des sources qui est la conséquence de l’incapacité de l’association « Espace point de départ (ESPOD) », bénéficiaire du programme, à s’acquitter de leurs frais d’assurance et des émoluments de leurs guides. De plus, la décision de saisie a été précipitée par le retrait de cette association de l’INDH en raison de sa défaillance à remplir les clauses du contrat et d’autres engagements.
Pourtant, ESPOD avait reçu pas moins de 2,5 millions de dirhams de la part de l’INDH pour la livraison des vélos-taxis et la formation des agents cyclistes à l’accueil et la prise en charge des touristes. Une enveloppe jugée excessive puisque chaque tricycle électrique avait été facturé à près de 50 000 dirhams l’unité.
Ce prix avait été justifié par le fait qu’il disposent de batteries au lithium et d’une capote protégeant les occupants des intempéries et du soleil, mais l’association ESPOD avait regretté ne pas disposer dans l’immédiat de leurs fiches techniques. A titre comparatif, des véhicules similaires fabriqués en Asie sont proposés entre 5 000 et 10 000 dirhams l’unité pour les plus sophistiqués. Lors de leur lancement, la MAP expliquait qu’il s’agit de vélos écologiques à assistance, c’est à dire dont la force motrice est couplée à une source d’énergie d’appoint…
La retrait prématuré des vélos-taxis de Rabat, faussement présentés comme économiques et respectueux de l’environnement alors qu’ils ne sont pas dotés de panneaux solaires comme le sont la plupart des vélos écologiques de ce genre, s’explique donc par leur surcoût rendant impossible leur rentabilité. Cela interroge donc sur les conditions de passation de ce marché public…
Peu de temps après leur présentation au roi, les vélos avaient été parqués dans un dépôt communal à ciel ouvert situé à proximité de l’océan. Un abandon qui a causé leur délabrement par les effets de l’humidité et de la rouille…